Journaliste rédactrice,je suis critique ciné à mes heures perdues, je souhaite partager ici mes avis sur les films qui font l'actualité mais aussi ceux dont on parle moins (peu). J'ai mis un peu de temps à me décider à créer ce blog ; les critiques de films ne commencent donc que pour les films sortis depuis début 2011. Longue vie à mon blog et merci d'avance pour vos clics !
Un drame en demi-teinte

Alors que sa bande-annonce pouvait laisser penser que l'on allait assister à un film catastrophe, Flight relève en fait plus du film social et sociétal, le crash aérien auquel on assiste dans la toute première partie servant en réalité de catalyseur à l'intrigue qui en découle. Pour sa dernière réalisation, Robert Zemeckis (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Forrest Gump, Seul au Monde) s'est inspiré de l'histoire peu banale d'un pilote canadien, érigé en héros après avoir sauvé 300 passagers avant qu'un journaliste ne révèle son passé de criminel ...
Denzel Washington livre ici une performance qui prouve, une fois de plus, qu'il est un grand acteur. Crédible jusqu'au bout dans la peau de Whip Whitaker, un pilote de ligne qui parvient miraculeusement à poser un avion après un incident en plein ciel, il offre à la fois des moments d'émotion et des répliques savoureuses. Car Flight est un drame avant toute chose : il met l'accent sur les failles humaines, les vices profonds, bref les travers cachés qui sont bien souvent révélés au détour d'un coup du sort. D'abord félicité et accueilli en héros, le personnage central du film se retrouve bientôt confronté à la justice qui découvre que ce bon samaritain est en réalité bourré d'addictions. Quelle est la part du Destin dans certains accidents malheureux ? Quelle responsabilité porter même quand on sait qu'on n'aurait pu échapper à la fatalité ? Telles sont deux des interrogations principales que soulève habilement le film. Robert Zemeckis nous plonge dans l'intimité, la vie intérieure, les aspérités d'un personnage bien vite adulé et bien vite remis en cause...
En dépit de quelques longueurs et de certains passages qui auraient mérité d'éviter les écueils de la bigoterie et une fin moralisatrice, le film bénéficie de l'aura de Denzel Washington, qui, aussi pathétique qu'il soit dans ce rôle à contre-emploi d'alcoolique notoire, suscite également des éclats de rire face à l'invraisemblance de certains des comportements adoptés par son personnage... Sans nul doute, l'acteur est pour beaucoup dans la réussite du film et le scénario est plutôt bien amené. On suit avec intérêt le déroulement de ce drame, les remous intérieurs de cet être désaxé et l'ambiguïté toute entière de ce personnage à l'héroïsme déchu, humain et atypique à la fois. Malheureusement la performance de l'acteur ne parvient pas à faire oublier le discours moralisateur et trop didactique que finit par emprunter le réalisateur dans une fin qui n'échappe pas aux codes du happy ending américain : la remise en cause, la rédemption, bla bla bla. Le film aurait gagné en impact et en profondeur si le réalisateur avait poursuivu sur la lancée d'une première partie plutôt anti-conformiste voire provoc' à certains égards. Finalement, à l'image de l'avion piloté par le protagoniste de ce film, Flight décolle vite en offrant d'abord une action démarrant sur les chapeaux de roue pour finalement se crasher maladroitement sur la fin. Très dommage.